Santé & bien-être
Apnées du sommeil : mieux dormir pour bien vieillir
Cet article reprend la conférence donnée le 2 juillet 2026 par le Dr Christos Maragkoudakis, spécialiste pneumologue FMH et responsable d’un service dédié aux apnées du sommeil, à l’occasion du colloque santé de la Résidence. La présentation projetée ce jour-là est disponible en téléchargement au bas de cette page.
Bien dormir n’est pas un luxe : c’est l’un des piliers du bien-vieillir. Or un trouble du sommeil très répandu — et largement sous-estimé après 60 ans — peut abîmer silencieusement les nuits : le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS). La bonne nouvelle de cette conférence tient en une phrase : ce syndrome se dépiste simplement, se diagnostique sans examen lourd, et se traite de mieux en mieux.
Que sont les apnées du sommeil ?
Pendant le sommeil, les muscles de la gorge se relâchent. Chez certaines personnes, les voies respiratoires supérieures se referment alors de façon répétée : la respiration s’interrompt (apnée) ou se réduit fortement (hypopnée) plusieurs fois par heure, et le cerveau se réveille brièvement pour reprendre son souffle — souvent sans même que l’on s’en rende compte.
Résultat : un sommeil haché, peu réparateur, et un organisme qui passe ses nuits en alerte au lieu de se reposer.
Pourquoi y penser après 60 ans ?
Le SAOS n’est pas une maladie rare, et l’âge est l’un de ses premiers facteurs de risque : il concerne particulièrement les personnes de plus de 60 ans. D’autres éléments augmentent la probabilité d’en souffrir :
- des troubles cardiovasculaires (hypertension, maladie cardiaque, AVC, fibrillation auriculaire) ou un diabète,
- une maladie neurologique comme la maladie de Parkinson ou des troubles de la mémoire,
- le fait d’être un homme (les hommes sont environ deux fois plus touchés),
- des antécédents familiaux d’apnées du sommeil,
- un surpoids.
C’est précisément parce que ces situations sont fréquentes avec l’âge que le dépistage mérite d’être systématique : les apnées non traitées entretiennent l’hypertension, fatiguent le cœur et pèsent sur le moral comme sur la mémoire.
Les questions à se poser
Le dépistage commence par quelques questions très simples, reprises du formulaire somnologique présenté lors de la conférence :
- Avez-vous des troubles cardio-vasculaires (hypertension, AVC, cardiopathie, diabète) ?
- Présentez-vous un surpoids ?
- Votre sommeil est-il non récupérateur ?
- Ressentez-vous une fatigue dans la journée ?
- Avez-vous des épisodes de somnolence en journée ?
- Ronflez-vous pendant votre sommeil ?
- Vous réveillez-vous la nuit avec une sensation de suffocation ?
Si vous répondez « oui » à plusieurs de ces questions — ou si votre entourage remarque des ronflements importants ou des pauses respiratoires — parlez-en à votre médecin. Ce simple échange peut changer la qualité de toutes vos nuits.
Un diagnostic devenu simple
Pas besoin d’hôpital dans la plupart des cas : le diagnostic repose sur la polygraphie, un enregistrement du sommeil réalisé en ambulatoire, organisé par le spécialiste, qui analyse au minimum quatre heures de sommeil — souvent confortablement installé chez soi. Dans certaines situations, un enregistrement plus complet (polysomnographie) est proposé.
Des traitements qui ont beaucoup progressé
Le traitement est choisi avec le spécialiste, selon la sévérité et la situation de chacun :
- Le traitement positionnel, quand les apnées surviennent surtout sur le dos ;
- L’orthèse d’avancement mandibulaire, une gouttière portée la nuit qui dégage le fond de la gorge ;
- La CPAP (appareil à pression positive continue), le traitement de référence : un masque relié à un petit appareil maintient les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil.
La CPAP traîne une réputation d’inconfort qui date des années 1980, celle des masques rigides et bruyants. Les masques d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir : silicone souple, modèles légers et minimalistes, coussins nasaux, harnais ajustables, fixations magnétiques et matériaux « air-touch ». Bien choisi et bien ajusté — confortable, jamais serré à l’excès — le masque se fait oublier, et l’accompagnement du spécialiste fait toute la différence.
Pourquoi se traiter ? Ce que dit la recherche
Traiter ses apnées, ce n’est pas seulement supprimer des ronflements. Les études présentées lors de la conférence montrent que le traitement par CPAP :
- améliore ou préserve les fonctions cognitives, en particulier la mémoire et les fonctions exécutives,
- améliore l’humeur, avec de meilleurs scores sur les échelles de dépression,
- réduit la somnolence diurne et améliore durablement la qualité de vie.
Autrement dit : mieux respirer la nuit, c’est protéger sa tête, son cœur et son énergie dans la journée.
Ce qu’il faut retenir
Trois messages simples concluaient la conférence :
- Y penser : fatigue persistante, ronflements, hypertension, troubles du rythme cardiaque ou moral en berne doivent faire évoquer des apnées du sommeil.
- Dépister puis diagnostiquer : quelques questions suffisent pour s’alerter, un enregistrement ambulatoire pour confirmer.
- Se faire accompagner : bien expliqué et bien réglé, le traitement change réellement les nuits — et les journées.
À la Résidence, le Centre médical du Parc se trouve au pied des appartements : si ces lignes vous ont rappelé vos nuits ou celles d’un proche, votre médecin est le bon premier interlocuteur pour en parler.
Télécharger la présentation (PDF)